Ce 3 juin 2026, la Banque de la République d’Haïti a fixé le taux de référence quotidien à 130,5716 gourdes pour un dollar américain. Ce chiffre, en hausse légère par rapport aux jours précédents, reflète les tensions persistantes sur le marché des changes. L’économie haïtienne, toujours vulnérable aux chocs exogènes, subit la pression d’une inflation importée et d’une faible production locale.
Les opérateurs économiques notent que ce seuil symbolique approche dangereusement des pics historiques de l’année écoulée. Plusieurs facteurs expliquent cette dépréciation : la détérioration des termes de l’échange, l’insécurité qui entrave le commerce, et les faibles réserves de change. Sur le terrain, les bureaux de change officieux affichent des cours souvent supérieurs, dépassant parfois 135 gourdes pour 1 dollar. Cette différence alimente l’inflation des produits alimentaires et énergétiques, frappant durement les ménages à revenu fixe.
Les importateurs, quant à eux, ajustent leurs marges, anticipant une nouvelle dégradation d’ici la fin du trimestre. La diaspora, première source de devises, continue d’envoyer des fonds, mais leur effet stabilisateur diminue face à la demande excédentaire. Les autorités monétaires peinent à intervenir efficacement sur le marché interbancaire, faute de liquidités suffisantes.
Les entrepreneurs locaux appellent à une politique de substitution aux importations et à un assainissement budgétaire. En attendant, le taux de 130,57 devient le nouveau point d’ancrage pour les contrats, les loyers et les salaires indexés. La population surveille chaque variation, consciente que l’érosion du pouvoir d’achat s’accélère.
Une baisse durable supposerait une amélioration du climat sécuritaire et un rebond de l’agriculture. Jusque-là, la gourde reste sous perfusion, à la merci des chocs extérieurs.

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